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Les Jours intercalaires célébrés à Montréal et à travers le monde

  • 24 févr.
  • 3 min de lecture


Montréal, 25 février 2026 — Dans plusieurs quartiers de la région de Montréal, les communautés bahá’íes célèbrent actuellement les Jours intercalaires, rejoignant ainsi des amis établis dans des pays et territoires du monde entier. Cette période singulière du calendrier bahá’í est placée sous le signe de la générosité, de l’hospitalité et de la convivialité.

Connus en arabe sous le nom d’Ayyám-i-Há, les Jours intercalaires constituent un moment consacré aux rencontres sociales, au partage, à l’aide apportée aux personnes démunies et à la préparation spirituelle en vue du mois de jeûne qui suivra. Ils se situent généralement à la fin du mois de février ou au début du mois de mars. Depuis l’adoption mondiale du calendrier bahá’í — ou calendrier badíʿ — leurs dates exactes varient légèrement d’une année à l’autre dans le calendrier grégorien.

La durée d’Ayyám-i-Há n’est pas fixe. Le calendrier bahá’í se compose de 19 mois de 19 jours, soit 361 jours. Les jours excédentaires — quatre dans une année ordinaire et cinq lors d’une année bissextile — sont insérés entre le dix-huitième et le dix-neuvième mois afin d’ajuster l’année au cycle solaire. Ce sont ces jours « ajoutés » qui forment la période intercalaires.

Dans le Kitáb-i-Aqdas (Le Très Saint Livre), Bahá’u’lláh, fondateur de la foi bahá’íe, en précise la portée spirituelle :

« Que les jours en surplus des mois soient placés avant le mois du jeûne. Nous décrétons que, de tous les jours et de toutes les nuits, ils sont les manifestations de la lettre Há*, et c’est ainsi qu’ils ne sont pas comptés dans l’année et ses mois. Au cours de ces journées, il incombe au peuple de Bahá de faire bonne chère ; qu’ils partagent avec leur famille et, plus largement, avec les pauvres et les indigents, puis invoquent et glorifient leur Seigneur, chantent ses louanges et magnifient son nom dans la joie et l’allégresse. Et lorsque finissent ces jours de générosité qui précèdent la période d’abstinence, que pour eux commence le jeûne. »**

Souvent traduits en français par « Jours intercalaires », Ayyám-i-Há signifie littéralement des jours insérés dans le calendrier. Contrairement à la plupart des fêtes bahá’íes, qui commémorent des événements historiques marqués par la joie ou la solennité, cette période célèbre avant tout des qualités spirituelles : la générosité, l’amour, la compassion, l’amitié et la louange à Dieu. Elle contraste volontairement avec le mois du jeûne qui lui succède, temps d’abstinence, d’introspection et de renouvellement intérieur.

Le calendrier badíʿ débute chaque année à l’équinoxe de printemps, le 21 mars. Fondé sur l’année solaire — 365 jours, 5 heures et environ 50 minutes — il intègre les jours intercalaires immédiatement avant le mois de ‘Alá’, période du jeûne. Par cette disposition, fixée dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá’u’lláh a assuré l’harmonisation du calendrier avec le cycle solaire.

La foi bahá’íe accordant peu de place aux rituels formels, les modalités de célébration varient selon les contextes culturels et familiaux. Repas partagés, rencontres de prière, programmes musicaux ou initiatives caritatives rythment ces journées. Certaines familles échangent des présents, notamment avec les enfants ; d’autres privilégient des actions de solidarité. Qu’elles soient simples ou plus élaborées, les célébrations reposent avant tout sur un esprit de fraternité et de bienveillance.

À Montréal comme ailleurs, les Jours intercalaires apparaissent ainsi comme un temps suspendu, dédié au don et à la joie partagée, avant l’entrée dans une période de discipline et de recueillement.


*Dans l’alphabet arabe, la valeur numérique de la lettre « Há » est 5.

**Kitáb-i-Aqdas, paragraphe 16.

 
 
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